dimanche 19 décembre 2010

Joyeuses fêtes


Bonjour,
une manière particulière de souhaiter de joyeuses fêtes de fin d'années.
Explication utile pour comprendre le cheminement du contenu de ce message :
Commencer par la fin.....
1) message relatant quelques privilèges que s'octroient les personnes au pouvoir,
2) la réflexion qu'il suscite en moi, envoyée délibérément à une personne qui ne me "conforte" pas, à priori, dans mes opinions politiques
3) raison pour laquelle échanger avec des gens "différents" mais capables de respect et d'ouverture d'esprit est enrichissant.
Joyeux noël: (c'est surtout une occasion d'échanges, de pensées vers l'autre, au-delà de la signification religieuse "obsolète" ou au moins largement dévoyée.
Edithe
et une photo de mon jardin recouvert d'un manteau blanc.


3)
une personne, avec qui j'échange régulièrement et qui n'a pas du tout la même sensibilité politique que moi.
Echanger avec une telle personne m'est bénéfique car nous nous respections mutuellement tout en confrontant nos idées, ce qui me donne l'occasion d'analyser, de réfléchir, de comprendre l'autre, de ne pas m'encroûter dans mes certitudes, d'élargir mon esprit.....tout en gardant les grandes lignes que je ressens comme cohérentes en moi.

2)
"j'ai quand même du mal à croire que vous êtes d'accord avec tout cela.... ou qu'on puisse croire qu'on ne peut rien y changer (bien sûr, tant que les gens de pouvoir sont les mêmes que ceux qui profitent.... mais est ce vraiment "dissociable" ? c'est la question que je me pose ; plus précisément :.
Est-ce que ceux qui souffrent aujourd'hui de cette situation, si demain ils étaient au pouvoir, seraient-ils plus intègres ? mais c'est une question à laquelle il n'y a pas de réponse d'avance
Tant que chacun de nous a peur de manquer, envie de briller, besoin de dominer, tendance à se rendre intéressant, cherche à se faire aimer et apprécier par tous moyens, n'a pas conscience que l'autre voudrait aussi vivre dignement, tant qu'on veut ignorer que chaque personne est responsable, même pour une infime part, que le changement ne viendra pas des autres, d'en-haut, mais commence en chaque personne, aussi insignifiante paraîtrait-elle
Et même si on répondait "ouI" à la question, serait-ce une excuse de faire de même, de baisser les bras, d'utiliser les mêmes stratagèmes pour se "sauvegarder" au détriment de l'autre ?
la phrase : "nous nous sauverons ensemble ou sombrerons tous" prend tout son sens
les murs érigés, la valeur donné à l'argent, le médicament qui nous évite de nous poser trop de questions sur notre façon de vivre et de salir notre terre... il suffit d'une déflagration, d'un jeudi plus noir que celui que le monde financier a déjà connu, d'un nouveau virus un peu plus virulent, pour entraîner le monde dans le chaos matériel et sanitaire et nous obliger à penser à notre survie qui passera forcément par l'entraide et la solidarité

1)
Une république irréprochable!
Un rappel ....
une République irréprochable clame Nicolas SARKOZY
" Je veux changer la pratique de la République. Plus de simplicité, plus d'humilité, plus de proximité.
Au fond, je souhaite, si vous me faites confiance, être le président d'une démocratie moderne qui sera exemplaire au regard du monde.
Je veux une République irréprochable..."
Ben voyons
Allez un petit florilège :
- Fadela Amara qui loge sa famille dans son appart. de fonction avec cuisinier en prime.
- Alain Joyandet qui fait des faux pour agrandir sa propriété de St Tropez
- Roselyne Bachelot qui case son fils partout où elle passe
- Alain Joyandet (encore lui) qui s'offre des voyages en jet privé à plus de 100 000 euros
- Tout comme son collègue Christian Estrosi
- Christian Blanc qui se fait payer pour 12000 euros de cigares par le contribuable
- Christine Boutin qui voulait cumuler sa retraite parlementaire avec 9 500 euros pour une mission
- Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, Patrick Devedjian, Henri de Raincourt, Jean Marie Bockel qui cumulent allègrement leur salaire de ministre d'environ 14 000 euros avec leur retraite parlementaire de 6000 euros
- Frederic Lefebvre qui mélange allègrement business privé et politique.
- Rama Yade qui critique l'hôtel de super luxe de l'équipe de France de foot (enfin ce qu'il en reste) et qui se fait réserver une chambre encore plus chère et qui voyage en classe affaire pour 45 000 euros pour un petit tour en Afrique du Sud
- Xavier Bertrand, le fayot du Roi, qui, avec l'aide d'un frangin de notre Monarque Adulé, œuvre pour récupérer dans le privé tout le pan "rentable" de l'assurance maladie.
- Eric Woerth qui cumule ministère public, trésorier de l'UMP et liens familiaux avec les milieux d'affaire douteux via sa femme (Liliane Bettencourt qui fraude le fisc, par exemple !)
- Ces ministres qui font accompagner leurs enfants à l'école par leur chauffeur
- Le Kaiser lui même qui intervient dans l'affaire Bettentourt tout comme dans la reprise du "Monde"...
Sans oublier le népotisme ambiant !
- Notre bon Président qui voulait caser son fils à l'EPAD.
- Alliot Marie qui emploie sa nièce au ministère de la Justice.
- La fille de Gérard Longuet qui travaille au secrétariat d'état au commerce.
- Isabelle Barnier, ex-épouse de Michel, qui travaille au cabinet de Roselyne Bachelot.
- François Guéant, fils de Claude, est directeur de cabinet des Chambres de commerce.
- Olivier Marleix, fils d'Alain, est conseiller à l'Elysée tout comme Sebastien Veil, petit-fils de Simone.
- La demi-soeur de la belle Carla , Consuelo Remmert, travaille à la cellule diplomatique de l'Élysée.
- Thomas Devedjian, fils de son père qui travaille sous son autorité à la direction du Fonds stratégique d'investissement...
La République oligarchique de notre invraisemblable président est à l'image de notre équipe de foot (ou l'inverse), un assemblage de voyous prétentieux, mal élevés, surpayés, à l'ego surdimensionné, mal dirigés, arrogants et méprisants, autistes murés dans leur monde de privilégiés n'ayant même plus la moindre notion de ce qu'est le monde qui les entoure ni de la réalité quotidienne de la majorité des citoyens.
Ce sont ces voyous qui viennent nous faire la leçon et nous dire qu'il faut faire des efforts collectifs. Il n'y a guère que dans les pays Africains que l'on trouve l'équivalent de cette "République irréprochable !"
et oui....... Ils se gardent bien d'en parler !
Par un vote du 3 septembre 2010, les députés ont rejeté à la quasi-unanimité l'amendement n°249 Rect. proposant d'aligner leur régime spécifique de retraite (dont bénéficient également les membres du gouvernement) sur le régime général des salariés.
Alors qu'ils n'ont de cesse d'expliquer l'importance de réformer rapidement un régime de retraite en déficit, les parlementaires refusent donc d'être soumis au régime de retraite de la majorité des Français.
C'est ce qu'ils appellent une réforme "juste" paraît-il !
A faire suivre.
Les Français ont le droit de savoir ...
source : www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/2770/277000249.asp

lundi 22 novembre 2010

petite philosophie connue, simple, quotidienne

Etre vigilant à :
- ne pas bloquer les petits plaisirs du quotidien ou les initiatives humbles pour la santé psychique, physique (par ex petite marche d'1/2 d'h, musique, travail en commun, confection d'un plat tout simple ; car souvent on "oublie" ces petites choses parce qu'on n'atteint pas (encore) les grands buts, parce qu'ils nous paraissent inatteignables... la mer est pourtant faite de petites gouttes ;
- ne pas laisser lire-cours à l'expression de sa frustration qui nous habite tous, à divers degrés ou périodes de notre vie.
SOIGNER LE QUOTIDIEN,cultiver et apprécier les petites choses qui parsèment notre parcours si on sait les voir ; reconnaître ce qui nous est donné, ce qui est à notre portée dans le présent, même si tous nos désirs ne sont pas assouvis, nos objectifs atteints ; même si l'autre n'agit ou ne réagit pas comme on estime qu'il le devrait (reconnaître sa part de subjectivité : nous n'avons ni les mêmes besoins ni les mêmes aspirations, nos capacités sont diverses)
C'est sur la multitude de ces petits instants de notre vie quotidienne que nous avons réellement prises, ces petits riens qui font la couleur de notre vie et assurent - ou bloquent - la réalisation d'un projet de vie.
Rien que cette vigilance est une entreprise colossale qui ne finit jamais.
Il est vrai que, parfois, il faut se protéger...

jeudi 18 novembre 2010

qui a le droit de se faire soigner ?

Réponse à un message qui reproche à un étranger d'avoir fait venir sa mère pour se faire soigner en France.

.. je ne vois pas où est le pb si une personne quelque soit sa race, sa position sociale, sa contribution financière, se fasse soigner si elle en a besoin..... le contraire me choque davantage.
c'est un état d'esprit.
les besoins vitaux de base de chaque personne devraient être reconnus, au nom de la dignité humaine.
le fait qu'un riche soit en bonne santé devrait lui suffire pour se délester sans retenue d'une minime part de sa fortune et ainsi contribuer à l'égalité des chances entre les humains.
mais cet état d'esprit est loin d'être partagé par ceux qui ont largement assez et suffisamment ou même de trop pour vivre,
par peur du manque à l'avenir
alors que du jour au lendemain on peut perdre ce qu'on a de plus précieux : la santé
je sais que je suis "en avance"..... sur mon temps ! lllooolll
tant que tout se monnaiera, y compris la justice, la santé, l'éducation, la culture, certains seront défendront mieux leurs droits, pourront se faire soigner dans les "meilleurs" hôpitaux, enverront leurs enfants dans les écoles réputées - parfois loin de l'école de la vie -, pourront aller au théâtre, à l'opéra, s'envoler pour des vacances exotiques - pas forcément à la rencontre des peuples s'ils restent dans les hôtels aseptisés et bien gardés,
VIVRE SIMPLEMENT POUR QUE CHACUN POUR SIMPLEMENT VIVRE
Cette phrase me parle
QUE VAUT LE PROGRES S'IL N'EST PARTAGE PAR TOUS,
oui, je sais... tout cela sonne... comment dire... l'utopie.... impossible d'aller dans ce sens ... trop tard..... le monde s'emballe...
Qu'en pensez-vous ?

vendredi 12 novembre 2010

ne pas se laisser définir par l'autre

les autres nous voient très partiellement, au travers de leur filtre, influencés par leur vécu, leurs désirs,,leurs peurs, leurs malaises : raison de plus de ne pas s'identifier à l'image qu'on donne ; on est tour à tour spectateur et acteur ; chacun joue bien sûr les 2 rôles dans la vie.
.... maintenant si tout le monde se met à dire que je pue les HE..... il faudrait qd même que je me remette en question ! LLLOOOLLL
je veux dire par là que prendre en compte l'autre ne veut pas dire se laisser définir par lui, mais parfois une adaptation est nécessaire, sauf que souvent cette adaptation reste unilatérale et on en arrive à des relations de domination - soumission qui conduisent à de la souffrance.
Un sage équilibre entre les deux permet peut-être à chacun d'évoluer, dans le respect de l'autre.

Mais je ne suis pas naïve... tout ce que je dis là, j'ai du mal à l'adapter au "Cerbère" qui, il me semble, a de gros problèmes avec lui-même d'abord. il doit être très malheureux et bien seul pour avoir une telle attitude irrespectueuse.

dimanche 24 octobre 2010

chronique d'une séparation, parmi d'autres.

... je continue à penser que c'est dans le moment présent et le quotidien qu'il faut faire les choix pour l'alléger et pouvoir prendre du recul et des beaux moments, mêmes courts.
Les projets, les vacances, ce sont les cerises sur le gâteau. Si le gâteau est pourri en-dessous, les fruits risquent d'être contaminés.
A moins qu'on prenne la précaution de séparer les deux par un papier célophane (orthographe ?) qui ne laisse rien traverser.
...
Ce n'est pas ma façon de vivre.
Tu choisis ton quotidien. Tu choisis tes "breaks"
Je choisis la Vie dans sa globalité.
Et si je devais encore rencontrer un compagnon potentiel dans mon parcours de vie, c'est ce que je lui dirais : se donner les moyens de vivre tout, même le quotidien difficile, avec joie. Dans la mesure du possible.
Pour cela il faut savoir voir en face les incompatibilités et limites exprimées de chacun, hors "occasions ponctuelles et tentantes" car si on attend ces moments pour s'affirmer, on manque d'honnêteté, d'abord vis à vis de l'autre, mais aussi de soi-même.
Accepter la façon de vivre de chacun est la base d'une relation saine.
Je t'avais demandé de respecter la mienne.
Mais la tienne était enfouie sous un manteau de silence et de tabous pendant des mois jusqu'à réapparaître à certaine occasion, la dernière il y a 2 semaines.
heurtant mes limites pourtant toujours clairement exprimées.
L'incompatiblité
Je me sens trahie
Mon seul regret est d'y avoir encore cru, mais comme il ne faut pas vivre dans le regret, je traverse. Avec des hauts et des bas, mais même quand je pleure, je suis en paix. Je laisse passer.
Au fond de moi, je sais que ce n'est qu'une façon de s'apitoyer sur son sort.
Le monde s'en fout. Cette phrase a le pouvoir de me secouer.
Qui suis-je à vouloir ce qui n'est pas ? Qui sait si ce que je veux pour moi ne fait pas trop de dégât pour une autre partie du monde ? alors la vie, avec raison, décide de ne pas me donner ce que je veux... je dois humblement en convenir et arrêter de vouloir tirer la nappe à moi.... oh, très subtilement, mais c'est l'enfant qui parle.

dimanche 17 octobre 2010

Ce n'est pas pareil....

Quand je vois le monde vivre et s'agiter, se battre, les grèves et tout, je me rends compte que le mot TRAVAIL n'a pas le même sens pour tous et c'est ce qui nous sépare.
Un dirigeant qui vient à 10 h au travail, anime des réunions, va au restau à midi, se retrouve bien au calme dans un bureau soft avec des secrétaires qui lui tapent le courrier ; même s'il dit travailler jusqu'à 20 h.... il a peut-être encore la force d'aller au théâtre le soir, il en a aussi les moyens puisque Joséphine prépare le repas, repasse son linge et Marie s'occupe de ses enfants. Sa voiture est bien entretenue, il la rentre au garage, il peut ouvrir son courrier sans avoir peur des factures : s'il est fatigué, car bien sûr les risques de "pertes financières" sont réels, la sacro-sainte Bourse peut d'une seconde à l'autre anéantir 20 ans d'investissements, mais bon... il peut voir venir, au pire il vend son appartement à la montagne et les enfants ont chacun un compte-épargne pour leurs futures études et puis il pense à la semaine de ski ou les 3 semaines tout compris en été ou simplement au WE organisé par le Club
Comme il gère des intérêts financiers énormes, il n'a pas envie de quitter la barque à 60 ans. On le comprend.
La femme de ménage, la secrétaire de base, le professeur d'un lycée en ZEP, l'aide-soignante de nuit ou le maçon n'ont certainement pas la même vie professionnelle. Entre le bruit du marteau-piqueur, les brimades, les sonneries de téléphone, les WC à récurer, les mains gelées quand il faut travailler dehors, le chahut incessant d'élèves qui se demandent s'ils pourront un jour gagner honorablement leur vie, l'infirmière qui se dépêche de passer de chambre en chambre car elle est seule à s'occuper de plus en plus de malades, la caissière entre la mauvaise humeur du client et l'obligation de rentabilité, le fonctionnaire qui doit être rentable et en même temps assurer un service public digne de ce nom et aussi remplir les caisses-passoires de l'Etat, l'étudiant qui choisit une voie non plus par rapport à ses goûts et ses dons, mais plutôt une filière qui n'est pas encore "bouchée", pour avoir un petit espoir d'arriver un jour à subvenir à ses besoins....
Marcel devrait se faire poser une couronne... mais c'est trop cher, la couronne en métal lui revient à 500 euros après déduction du remboursement de la sécurité sociale et une Mutuelle.... il ne peut plus payer les échéances....
Les fruits et les légumes ? vous avez vu le prix ???? les steacks hachés à 4 euros le kg chez le L du coin, un paquet de frites, ça fera au moins plaisir aux enfants car bien sûr, tous les parents aiment leur faire plaisir ; une vingtaine de cannettes de bière, ce n'est pas très cher et ça permet d'oublier le quotidien ; et dans la boîte aux lettre, une pub : recevez 4 000 euros, toute de suite, sans remplir de questionnaire, sans justificatif etne remboursez que 30 euros par mois ; noël approche, achetons un peu de rêve ; le surendettement les guette. Au tribunal on leur reproche d'avoir "en plus" un téléphone portable ! vous vous imaginez... c'est du luxe.... oui, mais Bernadette ne peut refuser encore cela à Kévin, son fils de 14 ans ; tous ses copains restent en contact, entre eux. Depuis qu'il a un téléphone portable, il a une chance d'être intégré, il est au courant des virées projetées, on lui demande de temps en temps la solution d'un problème de math.
Par contre, Pierre Henri, lui, refuse d'en avoir un, il est fier de sa décision, il pense déjà que sa liberté serait restreinte, il n'a pas envie d'être joignable tout le temps et partout. mais oui, être libre de décider quand on peut "avoir", ou quand on a déjà "eu", ce n'est pas pareil ;
Ne faut-il pas "avoir eu".... alors cela peut être simplement de l'amour, de l'attention... pour "être" ? pour s'acheminer vers la liberté ?

Les "Grands" de ce monde, enfin ceux qui décident des taxes, du travail jusqu'à 67 ans, du déremboursement de médicaments n'ont pas idée de ce qu'est "la vie d'en bas" ; il y a quelques décennies les élus écoutaient leurs électeurs, aujourd'hui on entend "nous ne reviendrons pas sur cette loi ! il n'y aura pas de pénurie d'essence, car le gouvernement a tout prévu ; s'il le faut on emploiera la force".... même si le peuple n'est pas d'accord ?
et pour couronner le tout : "on ne peut pas empêcher les gens d'aller au travail !".... quelle démagogie. moi j'entends : il faut que le bas peuple travaille dur et longtemps pour que quelques uns puissent se dorer au soleil en encaissant plusieurs milliers d'euros, ou continuer à alimenter ce système mais en ayant la contrepartie de gagner plusieurs dizaines de milliers d'euros
ce n'est pas pareil...
Cela me fait penser au Moyen-âge, aux cerfs et aux Seigneurs.... on en est pas loin ;
J'en reviens à l'attitude face à la réprobation des citoyens vis à vis de la politique actuelle : autrement dit "fermez-là, nous ne vous écouterons pas" sommes-nous en démocratie ? les politiciens, enfin certains, oublient-ils qu'ils sont à leur place pour servir, être porte-paroles, les "élus", cela veut dire qu'on leur a fait confiance....
On nous dit qu'il FAUT travailler... alors que le chômage sévit, les jeunes et les quinquagénaires étant les plus touchés.... mais quelle incohérence ! il n'y aurait plus assez de travail mais il faut s'y agripper le plus longtemps possible.... dans les conditions de stress et de tensions qu'on connaît actuellement...
On nous dit qu'il manque de l'argent pour payer les retraites : je n'ai jamais compris pourquoi l'estomac de S ou de X a besoin de manger plus ou mieux que celui d'un ouvrier ? pourquoi les uns ont besoin de 10 vestes alors que celui-ci n'en a pas ? pourquoi on peut aussi facilement et en toute inconscience s'extasier devant un film qui expose nos problèmes économiques ou de société et le lendemain, chacun a sa façon, continuer à alimenter ce système d'exclusion ? moi y compris dans la mesure où je ne suis pas complètement consciente de tout puisque je ne suis qu'en chemin
Dites-moi si je me trompe... répondez-moi....

lundi 4 octobre 2010

le sens des choses

quand les gens comprendront que le combat n'est pas uniquement pour une question de montant de la retraite, peut-être y aura-t'il une plus grande solidarité
ne voulons nous pas tous vivre dignement ?
et quand bien même certains ont plus d'avantages que d'autres, pourquoi ne pas se battre pour améliorer les sorts moins envieux, au lieu de jalouser et vouloir supprimer les chances, pourquoi "tirer vers le bas" ?
A ce petit jeu... chacun peut se trouver "privilégié" par rapport à un autre et à force de dépenser notre énergie à "court-circuiter" les acquis, durement acquis (je ne peux m'empêcher de penser au roman de mon époque lycéenne, GERMINAL... puis, plus près de nous, l'époque des grèves pour obtenir les congés, etc....) nous nous retrouverons tous à plus ou moins long terme "sur la paille ;
certains le sont déjà, d'autres ont tellement peur de perdre le peu qu'ils ont réussi à sauvegarder, pour l'instant encore, qu'ils courbent l'échine, travaillent 50 heures par semaine pour encore faire un peu illusion et renflouer les caisses trouées de l'état.... pendant que les jeunes pointent au chômage et ne peuvent plus avoir de projets
niveler, oui, mais vers le haut.... jusqu'à un certain point, celui où les humains se trouveront sur pied d'égalité.
Ma vue est peut-être utopique, mais on peut tendre vers, sans pour autant espérer atteindre l'idéal.
.... mais voilà, je ne fais pas grève.... parce que je n'assume pas de pénaliser les gens qui n'ont pas le pouvoir de changer les choses et pour qui la vie est déjà bien difficile..... mais surtout parce qu'en faisant grève, tout est malheureusement mis en place pour le que "serpent se morde la queue"..;; par exemple 100 000 fonctionnaires qui font grève, ce sont autant de jours non payés par l'Etat, alors que le travail sera fait, ou mal fait, ou pas fait.... tout dépend de quel service il s'agit.... où voyez vous une pression sur les décideurs ? ....
... nos dirigeants continuent à mettre en oeuvre une politique hautement décriée, cela ne les dérange pas.
Que faire ? chacun, à sa manière, la mienne est d'écrire, une écriture exécutoire, un partage, mais aussi de surveiller ma consommation, ma façon de vivre.... loin d'être idéale, pas toujours cohérente, mais juste sentir que je ne suis pas seule à "vouloir", pas seule à avoir faim, à aimer aller au concert, à me sentir utile, à espérer que mes enfants pourront travailler.... construire leur vie... mes enfants et les enfants des autres, non seulement en France, mais partout. Un petit bout de chou africain qui souffre de la soif, un Rom qui ne se sent nulle part bienvenu, un otage emprisonné pour de l'argent ou une idéologie, une femme lapidée
Tout cela au 21ème siècle.
Qu'avons-nous appris depuis l'homme de Néanderthal ?
A vivre ensemble sur cette terre qui nous offre tout ce dont nous avons besoin, pour peu que nous partagions ?
Que quelques uns s'octroient de quoi faire vivre décemment une grande partie de la population et s'érigent en dirigeants ou donneurs de leçon est difficile à supporter.
Il est facile de punir une personne qui a volé ce qu''ostensiblement on lui fait miroiter à longueur de journée quand on gagne largement assez pour acheter des chaussures à 500 euros, revenu mensuel pour des milliers de gens.
la notion de vol pourrait aussi être évaluée plus subtilement : celui qui consomme plus ou prend davantage que ce dont il a besoin, spolie forcément quelqu'un. A quand une refonte du Code Pénal ?
Quand félicitera-t'on le perdant, celui qui a eu le courage de participer à une épreuve en sachant pertinemment qu'il aura peu de chance de susciter l'admiration ? on peut par exemple l'admirer pour sa ténacité, le défi qu'il se lance à lui-même ; le gagnant pourrait même le remercier car s'il n'y avait pas de perdant, il n'y aurait pas de gagnant... Il n'est gagnant que par rapport à quelqu'un....
quand dirons-nous : "je n'ai pas besoin de telle ou telle chose, par contre mon voisin, oui, alors je donne...
et lui qui a beaucoup plus que moi : pourquoi le jalouser ? on peut même aller jusqu'à le plaindre d'avoir tant de besoins à assumer...
... je n'oublie pas que je suis moi-même une privilégiée puisque j'ai encore le temps de penser
Et pour garder, à l'avenir, ce privilège, je veux refuser de travailler toujours plus tandis que de plus en plus de personnes n'ont plus accès à l'emploi.
mais ce n'est pas facile, je ne sais pas comment faire. Le système mis en place, les pressions de toutes parts, surtout des petits "chefs" intermédiaires qui doivent rendre compte de leurs résultats sous forme de statistiques chiffrées alors que certains paramètres ne peuvent être ainsi quantifiés, paralysent la réflexion indispensable.
nous avons perdu le sens des choses : dans le temps, un gendarme qui distribuait les PV avait un but éducatif, il n'était pas tenu de "faire du chiffre". Aujourd'hui il est plus facile d'épingler 1 000 personnes qui roulent à 57 à l'heure ou qui ne mettent pas la ceinture que de poursuivre un délit d'initié ou d'épingler un cadre intermédiaire qui harcèle ses subordonnés.
Nous sacrifions tout, l'éducation, la santé, la justice, la culture..... sur l'autel de la rentabilité.
Pourtant, nous avons tous conscience que d'autres valeurs sont primordiales pour que l'humain puisse vivre dans la dignité, CHAQUE humain, ne l'oublions pas.
Ne nous laissons pas manipuler.
Les personnes âgées ne sont pas une charge. Ils sont notre histoire, une richesse en expérience, en vécu.
Certains, malheureusement, ont conscience de gêner, de coûter trop cher, de peser dans nos vies hyperactives.
Il y a peu de temps, j'ai parlé à une dame assise sur un banc, elle me racontait le passé, sa jeunesse puis elle s'est tu. Longtemps. Soudain elle est sortie de sa léthargie en hochant la tête, elle m'a dit qu'elle n'a plus envie de vivre dans ce monde où tout va trop vite ; elle ne trouve plus sa place ; ses enfants n'ont pas le temps, le médecin est trop cher, il y a du bruit, elle n'a plus faim, elle ne comprend plus ; son mari s'est déjà en allé depuis longtemps... elle a caressé son chien, aussi vieille qu'elle et elle lui a dit en alsacien : "nous partirons bientôt, hein ?"
Je regarde ma montre.... j'ai dépassé l'heure de la pause. Vite.

vivre dignement

'écris parce que je suis atterrée par notre monde actuel dans lequel, pourtant, je suis pleinement actrice. C'est terrible d'en être conscient. Impossible d'en sortir avec une pirouette. Alors autant plonger, chacun avec les outils qu'il sait utiliser....mais j'ai peur des mots s'ils ne restent que tels.

Une façon de s'opposer à ce qu'on ne sent pas bon pour le monde est de continuer à être soi-même au plus près de sa cohérence profonde.
c'est un combat dans l'ombre.... quoique pas assez caché car on suscite des réactions de gens qu'on interpelle sans vraiment le vouloir, dans leur conscience ; cela leur est tellement insupportable parfois qu'ils sont obligés d'attaquer.... mais ils ne se rendent pas compte qu'ils se font du tort à eux-mêmes d'abord. Après, l'autre en face a la "liberté" de se laisser perturber, d'être affecté.... donc il s'agit de se fortifier intérieurement.
Mais cela suffit-il dans notre monde actuel où tous les coups sont permis, surtout ceux qui rapportent de l'argent et du pouvoir à une petite minorité, ou tout va trop vite, la réactivité à son comble ?
Il faut poser des actes.
j'en suis là.
Ce soir je doute .... le premier, pour moi, serait de ne travailler que pendant les heures imparties car si tout le monde le faisait peut-être serait-on peut-être obligé d'embaucher d'autres personnes?
.... même cela, je n'y arrive pas, parce que ma petite parcelle, mon champ de manoeuvre, j'en suis responsable et les gens attendent des réponses, que la procédure avance, des résultats, des autorisations....
que faire ?
nos réunions participent à ce travail dans l'ombre mais cela suffit-il ? le fossé se creuse entre ce que nous vivons à l'intérieur et la réalité quotidienne.
Cette violence.
Aurons-nous le temps de faire évoluer des consciences (chacun la sienne, ce sera déjà énorme) pour vraiment avoir un impact à l'extérieur ?
Pour moi, c'est tellement simple : avoir conscience que l'autre est comme soi-même : tellement semblable ; chacun veut vivre dans la dignité. Comment peut-on profiter de toutes les bonnes choses si l'autre n'a même pas le stricte minimum ?
En fermant les yeux.
Cela nous arrive à chacun, je le sais bien.
Même avec mes difficultés, j'ai encore beaucoup plus d'argent que certains.
Où est la limite ?
Il n'y en a pas.... il va falloir que nous partagions, que nous nous entraidions.
je crois bien que nous nous en sortirons ensemble ou pas du tout.
Mais en attendant, quelle souffrance. Que de bagarres. peine perdue.
Tout cela n'est que mots.
Heureusement que mon piano me traverse de ses vibrations d'accords, le ronronnement du chat m'apaise, son doux pelage me caresse autant que je le caresse, l'air pur de la campagne me lave de l'intérieur, l'opulence des arbres fruitiers me nourrit gratuitement
non,je ne peux décemment pas me plaindre.
Alors pourquoi cette dépression invisible sous mon sourire qui s'impose malgré tout ?
Ce qui me gêne est toute cette richesse qu'il nous est de plus en plus impossible de partager à force d'angoisser pour l'avenir.
Cette rigidité bureaucratique, ces lois soumises à la dictature de la rentabilité à tout prix, ce système auquel nous sommes soumis et qui ne reconnaît plus la place de chacun dans notre société qui s'emballe.
La responsabilité individuelle est tellement compartimentée, divisée à l'extrême que nous n'en avons plus conscience ; ainsi il est plus facile de se dire qu'on n'y peut rien ou alors tellement peu de choses ; puis on nous offre assez de "loisirs" pour museler, anesthésier la conscience ; la restriction de la liberté, chacun à son petit niveau, permet cet irrespect de l'autre à ne pas même lui permettre de vivre dignement.
Vivre dignement dans une cellule de prison : oui, cela est possible si on ne lui retire pas son statut d'homme, même s'il a agi pire qu'un animal. Si on lui permet de se rendre utile, de se nourrir correctement, de dormir en paix, d'avoir l'espoir d'être aimé un jour....
Vivre dignement dans un camp de Roms : oui, cela est possible si on pouvait s'intéresser à eux, à leur vie, leur histoire, leurs espoirs... au lieu de les stigmatiser depuis des décennies : peut-on reprocher à une personne de voler si elle ne peut gagner honnêtement sa vie ? ou si elle n'a pas appris à respecter autrui ? commençons, nous les sédentaires, à les reconnaître, à leur aménager des emplacements dignes ; chanter et danser avec eux peut-être ? alors, dans "longtemps" comme disent les enfants ils se sentiront enfin dignes et fiers.
Vivre dignement, et mourir dignement dans un hôpital. Cela veut dire se nourrir d'aliments simples et remplis d'énergie, pouvoir y accueillir les gens qu'on aiment, être écoutés, touchés, lavés, appelés par son nom jusqu'à la fin et même après.
Apprendre dignement dans une école qui laisse le temps à chacun d'assimiler à son rythme, qui applaudit autant au progrès qu'à l'effort sinon plus à l'effort, même si les résultats ne rentrent pas dans le cadre dicté par une poignée de bureaucrates pour qui ils ne sont que fanions à brandir, justificatifs de réformes qui se succèdent,
Travailler dignement à servir une société pour tous, qui soutient les faibles et les deshérités de la vie grâce à la satisfaction et au bonheur de ceux qui ont la chance d'être en bonne santé, physique ou mentale et qui ne demandent pas plus.
Tout cela n'est que mots. Comment les faire vivre ?

à propos grève et notion de travail

Oui, je sais qu'on n'écoute que ceux qui parlent haut et fort ou qui ont un moyen direct de pression

....bien sûr j'appréhende les conséquences de mon absence mais je dois aussi rester humble et ne pas croire que je pourrai indéfiniment pallier aux manques de plus en plus marqués et porter sur mon dos les conséquences désastreuses d'une politique ne prenant en compte que les valeurs pécuniaires depuis quelques années.

Si si ! si je faisais grève, Annie, je pénaliserai directement les gens convoqués aux audiences, qui attendent depuis des mois que leur dossier évolue, ceux qui appellent au téléphone à longueur de journée, qui viennent au greffe, qui font parfois 60 km ar.. pour trouver porte close ?

Mais par ailleurs, et cela pourrait sembler antinomique ou incohérent mais ce ne serait qu'en apparence : je soutiens les grévistes, ils sont d'une certaine façon mon "porte-paroles", ils utilisent leurs moyens d'expression,
ce n'est pas le mien.... alors j'écris..... et surtout je continue à essayer de rester positive, agréable aux autres, à faire mon travail le mieux possible sans me décourager

Il me revient le poème de KIPLING ... "..... si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie.... médire sans médire à ton tour....." et à la fin : "tu seras un homme, mon fils".
et aussi : "marche à l'étoile, même si elle est trop haute".
certaines paroles ou écrits me portent
sauf quand j'atteins mes limites, et depuis un an je flirte avec elles, j'en suis consciente.

Autre chose qui me trotte dans la tête :
je pense qu'on ne parle pas de la même chose quand on dit "travailler".
..... jusqu'à 67 ans, quand il s'agit de trimer : NON car notre santé est en jeu.
..... tant qu'on a envie, et alors ce n'est plus une question d'âge : quand on peut partager une expérience, transmettre, rendre service et en même temps respecter un corps qui a envie de ralentir, un esprit moins vif mais plus sage, des vues apaisées des choses...
il faudrait utiliser des termes différents pour des notions aussi différentes.
Bonne soirée
Edithe (avec un "e" à la fin.... c'est plus équilibré ! llooll)

jeudi 16 septembre 2010

Chacun veut vivre dignement

tu vois.... j'ai fait une grosse faute dans mon texte.... ce soir en le relisant....
belle leçon d'humilité.....
Une façon de s'opposer à ce qu'on ne sent pas bon pour le monde est de continuer à être soi-même au plus près de sa cohérence profonde.
c'est un combat dans l'ombre.... quoique pas assez caché car on suscite des réactions de gens qu'on interpelle sans vraiment le vouloir, dans leur conscience ; cela leur est tellement insupportable parfois qu'ils sont obligés d'attaquer.... mais ils ne se rendent pas compte qu'ils se font du tort à eux-mêmes d'abord. Après, l'autre en face a la "liberté" de se laisser perturber, d'être affecté.... donc il s'agit de se fortifier intérieurement.
Mais cela suffit-il dans notre monde actuel où tous les coups sont permis, surtout ceux qui rapportent de l'argent et du pouvoir à une petite minorité, ou tout va trop vite, la réactivité à son comble ?
Il faut poser des actes.
j'en suis là.
Ce soir je doute .... le premier, pour moi, serait de ne travailler que pendant les heures imparties car si tout le monde le faisait peut-être serait-on peut-être obligé d'embaucher d'autres personnes?
.... tu vois, même cela, je n'y arrive pas, parce que ma petite parcelle, mon champ de manoeuvre, j'en suis responsable et les gens attendent des réponses, que la procédure avance, des résultats, des autorisations....
que faire ?
nos réunions participent à ce travail dans l'ombre mais cela suffit-il ? le fossé se creuse entre ce que nous vivons à l'intérieur et la réalité quotidienne.
Cette violence.
Aurons-nous le temps de faire évoluer des consciences (chacun la sienne en premier) pour vraiment avoir un impact à l'extérieur ?
Pour moi, c'est tellement simple : avoir conscience que l'autre est comme soi-même : tellement semblable ; chacun veut vivre dans la dignité. Comment peut-on profiter de toutes les bonnes choses si l'autre n'a même pas le stricte minimum ?
En fermant les yeux.
Cela nous arrive à chacun, je le sais bien.
Même avec mes difficultés, j'ai encore beaucoup plus d'argent que certains.
Où est la limite ?
Il n'y en a pas.... il va falloir que nous partagions, que nous nous entraidions.
je crois bien que nous nous en sortirons ensemble ou pas du tout.
Mais en attendant, quelle souffrance. Que de bagarres. peine perdue.
Tout cela n'est que mots.
Heureusement que mon piano me traverse de ses vibrations d'accords, le ronronnement du chat m'apaise, son doux pelage me caresse autant que je le caresse, l'air pur de la campagne me lave de l'intérieur, l'opulence des arbres fruitiers me nourrit gratuitement
non,je ne peux décemment pas me plaindre.
Alors pourquoi cette dépression invisible sous mon sourire qui s'impose malgré tout ?
Ce qui me gêne est toute cette richesse qu'il nous est de plus en plus impossible de partager à force d'angoisser pour l'avenir.
Cette rigidité bureaucratique, ces lois soumises à la dictature de la rentabilité à tout prix, ce système auquel nous sommes soumis et qui ne reconnaît plus la place de chacun dans notre société qui s'emballe.
La responsabilité individuelle est tellement compartimentée, divisée à l'extrême que nous n'en avons plus conscience ; ainsi il est plus facile de se dire qu'on n'y peut rien ou alors tellement peu de choses ; puis on nous offre assez de "loisirs" pour museler, anesthésier la conscience ; la restriction de la liberté, chacun à son petit niveau, permet cet irrespect de l'autre à ne pas même lui permettre de vivre dignement.
Vivre dignement dans une cellule de prison : oui, cela est possible si on ne lui retire pas son statut d'homme, même s'il a agi pire qu'un animal. Si on lui permet de se rendre utile, de se nourrir correctement, de dormir en paix, d'avoir l'espoir d'être aimé un jour....
Vivre dignement dans un camp de Roms : oui, cela est possible si on pouvait s'intéresser à eux, à leur vie, leur histoire, leurs espoirs... au lieu de les stigmatiser depuis des décennies : peut-on reprocher à une personne de voler si elle ne peut gagner honnêtement sa vie ? ou si elle n'a pas appris à respecter autrui ? commençons, nous les sédentaires, à les reconnaître, à leur aménager des emplacements dignes ; chanter et danser avec eux peut-être ? alors, dans "longtemps" comme disent les enfants ils se sentiront enfin dignes et fiers.
Vivre dignement, et mourir dignement dans un hôpital. Cela veut dire se nourrir d'aliments simples et remplis d'énergie, pouvoir y accueillir les gens qu'on aiment, être écoutés, touchés, lavés, appelés par son nom jusqu'à la fin et même après.
Apprendre dignement dans une école qui laisse le temps à chacun d'assimiler à son rythme, qui applaudit autant au progrès qu'à l'effort sinon plus à l'effort, même si les résultats ne rentrent pas dans le cadre dicté par une poignée de bureaucrates pour qui ils ne sont que fanions à brandir, justificatifs de réformes qui se succèdent,
Travailler dignement à servir une société pour tous, qui soutient les faibles et les deshérités de la vie grâce à la satisfaction et au bonheur de ceux qui ont la chance d'être en bonne santé, physique ou mentale et qui ne demandent pas plus.
Tout cela n'est que mots

jeudi 9 septembre 2010

Faut-il vraiment demander aux équipes de nuit d'être rentables ?

Entendu à l'antenne ce matin : faire travailler davantage les médecins de nuit qui ont (heureusement) moins de charge de travail que dans la journée !....
C'est aberrant quand on prend en compte le rythme repos-veille naturel de l'être humain ; nous avons besoin de nous reposer à certaines moments plus qu'à d'autres. C'est naturel, physiologique. Ne pas respecter un minimum, ou sur la durée, ce cycle naturel risque de perturber le rythme biologique ; des conséquences, à plus ou moins long terme, se feront sentir, par exemple le besoin d'excitant « pour tenir le coup », une perte d'énergie pour forcer le corps et l'esprit à s'adapter, la perturbation du cycle naturel et inévitablement la somatisation à divers degrés.
Je ne suis pas médecin mais il me semble qu'observer le repos, du moins un ralentissement d'activité autant que possible, est le b.a. Ba pour préserver sa santé ?
Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas réagir à l'urgence nocturne.
Merci à toutes ces personnes qui travaillent pour assurer l'assistance nécessaire.
... de là à avoir une obligation de rentabilité, c'est encore faire un sacrifice sur l'autel de l'argent.
L'humain dans tout cela ?
petite histoire :
je fais moi-même quelques nuit de présence dans un service de soins palliatifs ; il est vrai qu'au début, quand je passais une nuit qu'on pouvait qualifier de relativement "tranquille", j'avais une espèce de sentiment d'inutilité.... puis en y réfléchissant, je me suis rendue compte que si je suis moins sollicitée, cela veut dire que les malades dorment en paix ! et au fil de mes nuits, je m'habitue à me sentir utile même quand je ne passe pas une nuit blanche et je suis heureuse, avant tout, pour les personnes qui n'ont pas eu besoin de sonner d'urgence.
Aujourd'hui je me sens très utile à m'assoupir auprès d'eux.
....La déesse "Rentabilité" a bien failli régner sur moi !

vendredi 20 août 2010

Saint Exupéry, à propos de l'amour

L'union de l'homme et de la femme :
"Il ne s'agit point de moi. Je suis celui qui transporte.
Il ne s'agit point de toi : tu n'es que sentier vers les prairies au réveil du jour.
Il ne s'agit point de nous : nous sommes ensemble passage pour "Dieu" (ou tout autre concept) qui emprunte un instance notre génération et l'use" (Citadelle... encore Elle !)

autre paragraphe que je trouve profond :
"... il y a cependant un autre devoir dans l'amour de l'homme pour la femme (homme et femme dans un sens général, je préfèrerai dire deux êtres qui essaient de se compléter, j'ai dit). Il ne suffit pas à l'homme, responsable de la femme qu'il aime, de faire des sacrifices pour la rendre heureuse, il faut que le sacrifice s'arrête là où la dignité d'homme risque d'être entamée. ""Je n'ai point fait mes provisions pour m'enfermer dans une femme et m'y complaire"". Et encore : "si la femme te demande de t'occuper d'elle tout entier et de t'enferme dans son amour, elle te sollicite de n'être qu'égoïsme à) deux" ; le second devoir de l'homme qui aime est donc d'essayer de grandir la femme (ou le contraire.....j'ai dit), de l'emmener à son altitude afin qu'elle ne "l'enferme" point, mais l'aide à s'ouvrir davantage. L'homme doit aussi ses dons à d'autres ; l'amour individuel, égoïstement compris, pourrait l'entraver dans son ascension, alors qu'il faut en contraire l'employer comme "chemin". La femme aimée doit avoir, tel l'homme lui-même, une très haute idée de l'amour..."
"Ne confonds pas l'amour avec le délire de la possession, lequel apporte les pires souffrances; dit-il. L'amour véritable est un don, pur mais un donc de chacun à l'autre dans le respect de ce qu'il a encore à donner.
Ton grenier n'est point provision, affirme l'auteur de Citadelle, il est escale.
Tout est charroi, tout est semence."

Ne pas se laisser entraver :
"... je me suis hâté vers toi, dans la joie de te joindre. Je t'ai fait porter des messages. Je t'ai comblée. La douceur, pour moi, de l'amour c'était cette opinion que je te souhaitais sur moi-même. Je t'accordais des droits, afin de me sentir lié. J'ai besoin de racines et de branches. Je me proposais pour t'assister. Ainsi du rosier que je cultive. je me soumets donc à mon rosier. Rien de ma dignité ne s'offense des engagements que je contracte.
Et je me dois ainsi à mon amour.
Je n'ai point craint de m'engager et j'ai fait le solliciteur. je me suis librement avancé, car nul au monde n'a barre sur moi. Mais tu te trompais sur mon appel, car tu as lu dans mon appel ma dépendance : je n'étais point dépendant. J'étais généreux.
Tu as compté mes pas vers toi, ne te nourrissant point de mon amour, mais de l'hommage de mon amour. Tu t'es mépris sur la signification de ma sollicitude. Je me détournerai donc de toi pour honorer celle-là seule qui est humble et qu'illuminera mon amour. J'aiderai à grandir celle-là seule que mon amour grandira. J'ai besoin d'un chemin, non d'un mur.
Tu prétendais non à l'amour mais à un culte.
Tu as barré ma route. Tu t'es dressée sur mon chemin comme une idole. Je n'ai que faire de cette rencontre. J'allais ailleurs...
Je n'irai ni m'humilier ni l'humilier dans l'amour.

Je serai autour d'elle comme l'espace et en elle comme le temps. Je lui dirai : "ne te hâte point de me connaître, il n'est rien de moi à saisir. Je suis espace et temps et devenir.

extraits de "Citadelle" de St Exupéry

lundi 16 août 2010

PEINDRE ET LAISSER L'ESPRIT VAGABONDER

je continue la peinture, j'embellis la boîte aux lettres puis attaquerai le mur donnant sur les voisins
Tu sais, quand je peins, mon esprit peut vagabonder. Je refais le monde..... parfois je rumine aussi, mais souvent je me sens bien. J'ai l'impression de vivre, contrairement à mes semaines de travail où c'est tellement harassant, peine perdue pour faire du bon travail ou être à l'écoute des gens.... nous n'en avons plus les moyens ! pour moi c'est un non-sens ; je rentre le soir complètement vidée car frustrée de ne pas "y" arriver et ne récolter souvent que des retours d'insatisfaction, pire, de dénigrement de plus en plus fréquent
et puis cette jalousie, oh... très subtile. Ca me blesse d'autant plus qu'il m'est impossible de m'exprimer car la façon de faire est tellement subtile, "sous couvert", jamais direct.
Si , parfois,  j'essaie de parler, on fait semblant de "tomber des nues" et de me traiter de susceptible, celle qui .... et les étiquettes sont collées.... je suis fatiguée.
alors travailler en auto-entreprise, à la mesure de mes possibilités et de mon énergie de femme de 50 ans... c'est un rêve, plus, une nécessité. Même si je suis tt à fait consciente d'avoir d'autres pb à gérer à ce moment là.
Mais avant d'avoir cette possibilité, il faudra encore que je traverse les écueils dressés sur le chemin - ma demande est une première
je sens les gens dubitatifs, réticents...  certains ont un pouvoir de décision direct....
Après cet interlude, je retourne à ma peinture ; il fait encore beau, quelle chance

INTELLECTUEL NE RIME PAS TOUJOURS AVEC SPIRITUEL

C'est un couple "extraordinaire", le plus uni de tous et c'est pourtant celui qui était le plus "cahotique" à la base. Elle a été longtemps rejetée par la famille, pas vraiment par moi mais qd j'étais plus jeune, j'avais aussi tendance à donner la préférence aux personnes avec qui je pouvais "monter dans les hautes sphères intellectuelles" et davantage présentables, j'en suis parfaitement consciente. Mais petit à petit, j'ai évolué et mes affinités ne suivent plus les mêmes critères.
lls font partie de la "basse classe", elle sait à peine lire, elle est issue d'une famille d'alcooliques, elle n'allait pas souvent en classe... elle n'a pas eu bcp de chance dans sa jeunesse;
Lui est qq1 d'extrêmement gentil et vu leur parcours, il y a qqchose à apprendre. Ils ont réussi tous deux à évoluer spirituellement, sans tout l'arsenal intellectuel, rien qu'avec leur coeur, bcp de courage ; ils ont vécu des moments difficiles avec leurs enfants ; ils élèvent le petit garçon de leur fille qui a accouché à 18 ans sans que personne ne sache qu'elle était enceinte ! D'une minute à l'autre il est devenu grand-père...
Ils ont toujours fait face de façon admirable.
C'est eux aussi qui m'ont aidée au début quand je suis revenue dans la maison.
Elle a fait un petit nettoyage avec mon bol tibétain.
Nous échangeons surtout nos idées plus larges, mais bien imprégnées par les divers vécus, formations  qui nous caractérisent l'un et l'autre.
Oui, penser, échanger, boire à diverses sources, est un luxe spirituel et c'est bien celui-ci que je suis en train de défendre en réorientant ma vie professionnelle dans laquelle j'étouffe car elle me prend toute mon énergie. Sans que je me sente efficace, utile à la société... au contraire, je fais partie maintenant des organes qui alourdissent considérablement la vie des gens qui font appel à nous, qui paralysent... Je ne m'y retrouve pas dans cette façon de travailler.Il m'arrive d'être très mal à l'aise ...
et je ne peux m'exprimer, ni changer les choses.
Pire, parce que je n'arrive pas à cacher entièrement mon malaise, ma désapprobation, on  me met parfois au ban et on me dénigre.
C'est très humain tout cela.
A propos de ma maison : sens-tu des vibrations négatives ?
Moi, dans cette maison, je sens qu'elle vit, qu'on n'a pas le droit de faire n'importe quoi. Je me demande aussi pourquoi elle ne me "lâche" pas.... malgré mes difficultés.
Bon, je vais continuer à penser, le pinceau à la main ! C'est une autre satisfaction et.... un cadeau à ma maison : son lifting ! vu qu'elle a déjà un certain âge.

cheminement de pensée

Pour respecter le cheminement de cette pensée, lire d'abord l'écrit de Guy SORMAN, puis la réaction de Yvon QUINIOU (le Monde 14/8/2010), reproduits en bas de page.

...trop souvent des amalgames faits et raccourcis empruntés par des gens qui publient pour des lecteurs qui n'ont plus le temps d'approfondir, donc lecture superficielle. Ce sont des écrits dangereux car ils véhiculent des idées qui ne sont fondées que dans l'apparence et qui n'ont d'autres buts que de discréditer ou de créditer des vues étriquées.

.... et les moutons avancent tous dans la même direction, nourris aux mêmes sources.

Eduquons nos enfants à l'esprit critique, la pensée libre ; qu'ils aient envie de chercher "leur" vérité par eux-mêmes et aussi le courage de les confronter dans le respect des autres et d'eux-mêmes.

Peut-être faudrait-il inventer un autre mot pour "communisme" , un mot qui véhicule ce que chaque humain devrait se laisser aller à ressentir profondément : l'autre, celui qu'on appelle ainsi, est un humain qui cherche à vivre, tout comme chacun de nous.
Nous n'avons pas tous les mêmes chances ni antécédents, mais tous nous voulons respirer, manger, nous sentir utiles, appréciés pour ce que nous sommes, pas pour ce qu'on fait de nous... et quand l'un ou plusieurs de ces besoins ne sont pas assouvis ou continuellement réprimés, certains n'ont d'autres moyens d'expression que la violence, l'asservissement de personnes plus faibles, le dénigrement pour se rehausser et se sentir "meilleurs"
N'est-ce pas simplement un appel à seulement EXISTER ? vivre dans la dignité ?
Je ne prononce pas le mot "Amour" qui est tellement dévoyé.
L'utopie, le rêve sont souvent fustigés mais peut-on simplement tendre vers un idéal ? sans peut-être jamais l'atteindre, me répond-on souvent. Et alors, est-ce une raison pour ne pas prendre consciemment cette direction ?
Oser parler de nos rêves au lieu de sombrer dans le découragement, partager nos idéaux avec nos enfants au lieu de leur asséner des "de notre temps.... maintenant tout est pourri...." mais évidemment il ne suffit pas de le dire : chacun de nos gestes, regards, paroles doivent aller dans ce sens, réellement, quotidiennement, inlassablement.
J'oubliais une chose importante : les résultats ne sont souvent pas à la hauteur de nos espoirs, ce qui fait que nous fatiguons et baisser les bras. C'est un autre écueil à franchir : ne pas attendre de "récompense", franchir cette étape de notre enfance. S'acharner à croire, non pas forcément en une Vérité Révélée, Religieuse, Politique, Idéologique mais simplement sentir que chacun de nous vit sur cette Terre pour finalement y passer le temps imparti de la façon la plus agréable et enrichissante possible, sauf que certains sont persuadés qu'ils doivent "prendre" pour "avoir". A force, ils oublient d'ETRE.
Un homme debout et digne. Se reflétant dans la souffrance de l'autre, ou imprégné par sa joie ?
Nous avons tous une responsabilité à ce niveau, aussi minime et "invisible" soit-elle.
La mer n'est-elle pas composée d'innombrables gouttes d'eau ?

Voilà la réflexion élargie suscitée par ces deux vues successives d'un fléau insidieux : l'inconscience de l'autre.
PS (humour) j'ai l'habitude de faire du "hors-sujet"
Edithe

texte publié par le Monde au réponse à un écrit de Guy SORMAN
Récuser Marx au nom des régimes communistes relève de l'amalgame ou de l'incompréhension (Yvon QUINIOU)
LEMONDE | 14.08.10 | 13h38 • Mis à jour le 14.08.10 | 13h38

La bêtise ou l'ignorance n'a pas de limites, mais elle a au moins un nom : Guy Sorman. Sa diatribe contre le communisme à l'occasion du procès - justifié, je le précise - d'un responsable des crimes des Khmers rouges (Le Monde du 10 août) témoigne d'une radicale incompréhension du projet de Marx, faute sans doute de s'être un tant soi peu renseigné à ce propos.

Une remarque préalable : sauf à verser dans le nominalisme qui fait du mot la chose, ce n'est pas parce que le régime cambodgien et les régimes "totalitaires" du XXe siècle qu'il dénonce se disaient "communistes" qu'ils l'étaient.

A ce compte, les chrétiens de l'Inquisition et des bûchers étaient chrétiens... alors qu'ils ne l'étaient pas ! Dans le cas présent, l'assimilation de ces régimes à l'idée communiste dont ils se réclamaient (cela est exact) tient à un double oubli, politique et théorique. L'oubli politique, d'abord : pour Marx le communisme était identique à une démocratie complète, dépassant la seule sphère politique des institutions, qu'elle intégrait, et investissant les sphères de la vie sociale et économique.

Corrélativement, cette démocratie intégrale, qui entendait même se passer d'Etat sur le long terme, avait pour ambition anthropologique de permettre la satisfaction des besoins de tous et, du même coup, d'actualiser les potentialités humaines qu'une société de classes mutile chez la majorité de ses membres. Marx n'a cessé de mettre l'émancipation individuelle au coeur de son projet, au point qu'il le concevait comme une association où "le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous" (Manifeste du Parti communiste, 1948) et non l'inverse ! Où Guy Sorman a-t-il donc vu que les régimes qu'il critique aient en quoi que ce soit ressemblé à cette définition du communisme ?

Le renforcement inouï de l'Etat, l'absence de pluralisme idéologique et de liberté politique, le contrôle collectif sur les consciences dans des domaines qui doivent en droit lui échapper comme la religion, l'art ou la science, enfin le recours à la violence meurtrière (même s'ils n'en furent pas les seuls responsables, ce que refuse d'admettre Guy Sorman) n'ont rien à voir avec le communisme marxien (et il n'y en a pas d'autre !), mais ils illustrent sa défiguration et l'illusion dans laquelle étaient ceux qui croyaient être sur la voie de sa réalisation.

Tout cela pèse encore d'un poids terrible sur notre situation politique et empêche d'admettre à la fois que l'idée communiste est généreuse, moralement exigible, et qu'elle n'est pas morte puisqu'elle n'a jamais existé dans les faits. Mais d'où vient cette dramatique défiguration ? C'est ici qu'intervient l'autre oubli, théorique, qui n'est d'ailleurs pas l'apanage de Guy Sorman puisqu'il est partagé par les commentateurs, voire les hommes politiques, y compris quand ils sont de gauche.

Marx, qui était un penseur matérialiste soucieux de comprendre scientifiquement l'histoire et pas seulement d'en dénoncer les injustices, a toujours estimé qu'une révolution communiste n'était possible qu'à partir des conditions économiques fournies par le capitalisme développé et à partir d'un ensemble majoritaire de salariés liés à la grande industrie.

Et si, à la fin de sa vie, il a envisagé avec Engels qu'une révolution pourrait se déclencher dans un pays arriéré comme la Russie, il a ajouté qu'elle ne pourrait réussir qu'avec l'appui d'une révolution en Europe l'aidant de ses acquis ! Sa théorie condamnait donc à l'échec, en quelque sorte par avance et sur la base d'un pronostic intellectuel, l'idée d'un communisme prétendant s'accomplir dans des sociétés sous-développées... ce qui s'est passé malheureusement au XXe siècle ; et les exemples de la Chine ou du Vietnam, se convertissant partiellement à une économie capitaliste, prouvent a contrario la justesse de cette vue.

Point n'est donc besoin d'affirmer que "la masse" ne veut pas du communisme et de suggérer ainsi que les hommes y sont par nature rebelles pour comprendre l'échec apparent de cette idée ; il suffit de réfléchir aux conditions historiques de sa réalisation telles que Marx les a conçues, qui nous montrent que le soi-disant "communisme réel" était un "communisme irréel", volontariste et utopique, voué à échouer.

En revanche, sur cette même base théorique et face à un capitalisme en pleine débâcle dont Guy Sorman ne dit mot (comme il ne dit mot des millions de morts dont il est, lui aussi, responsable ou des dictatures qu'il a engendrées ou soutenues), on peut penser sans naïveté que l'idée communiste peut resurgir en Occident, comme elle le fait à sa manière en Amérique latine, et qu'elle correspond aux possibilités objectives de notre développement historique, comme l'histoire du mouvement ouvrier en Europe l'a selon moi attesté au XXe siècle, sous la forme d'acquis qui avaient pour horizon une société postcapitaliste et portaient la marque de l'héritage marxien.

J'ajoute qu'elle est porteuse d'une universalité morale incontestable et qu'à ce titre on a le droit d'estimer, sans prophétisme, que la "masse" des hommes devrait un jour y reconnaître le visage apaisé de ses intérêts partagés.
M. QUINIOU philosophe

Texte de Guy SORMAN, 24 juillet 2010
Le Nuremberg du communisme.

Qunize mille victimes : trente-cinq ans de prison. Insuffisant , peut-être , mais historique cependant. Le 26 juillet 2010, à Phnom Penh, un certain Douch ( nom de guerre de Kaing Guek Eav) a donc été condamné à 35 ans de prison pour avoir dirigé de 1975 à 1979 un centre de torture qui fit quinze mille victimes. Douch fut l’un des rouages de la machine exterminatrice du règne des Khmers rouges. Contrairement au tribunal de Nuremberg qui, en 1945, jugea les dignitaires nazis, celui de Phnom Penh n’est pas géré par des puissances victorieuses : il opère au sein même de la Justice cambodgienne, sous le contrôle de l’opinion publique cambodgienne mais financé par les Nations Unies. On ne saurait douter de la légitimité et de l’objectivité de ce tribunal. La sentence a d’ailleurs été mal accueillie par les Cambodgiens qui, au regard des crimes commis par Douch, l’estimaient insuffisante. Celui-ci, évidemment, a fait valoir qu’il obéissait aux ordres de ses supérieurs : évidemment, puisque ce fut aussi l’alibi des dirigeants nazis à Nuremberg – Hitler étant mort- et celui de Adolf Eichmann à Jérusalem, en 1961.



Mais par-delà le cas de Douch qui n’était pas un dirigeant, qui juge-t-on à Phnom Penh ? On constate dans les médias occidentaux et asiatiques, comme dans les prises de position des gouvernements – particulièrement celui du Cambodge et de la Chine- une volonté certaine de réduire les crimes de Douch et de ses supérieurs à des circonstances locales. Une regrettable catastrophe se serait abattue sur le Cambodge en 1975, sous le nom de Khmers rouges et cette rébellion venue d’on ne sait où, aurait ravagé le Cambodge et tué 1,5 millions de Khmers. A qui, à quoi, devrait-on imputer ce que le tribunal a tout de même qualifié de génocide des Khmers par d’autres Khmers ? Ne serait-ce pas la faute des Américains ? Ceux-ci, en installant au Cambodge un régime à leur solde, auraient provoqué comme un choc en retour, une réaction nationaliste. Ou bien, ce génocide ne serait-il pas un héritage culturel propre à la civilisation Khmère ? Des archéologues fouillent, en vain, le passé pour retrouver un précédent historique. Mais , l’explication véritable, l’arme du crime , on la trouvera plutôt dans ce que les Khmers rouges eux-mêmes déclaraient : de même qu’Hitler avait décrit à l’avance ses crimes, Pol Pot (aujourd’hui décédé) avait expliqué par avance qu’il détruirait son peuple pour en créer un nouveau. Pol Pot se disait communiste : il le devint, étudiant, à Paris, dans les années 1960. Puisque Pol Pot et le régime qu’il imposa, se disaient communistes – et d’aucune manière les héritiers de quelque dynastie cambodgienne – il faut admettre qu’ils l’étaient vraiment, communistes.

Ce que les Khmers rouges imposèrent au Cambodge, ce fut bien le communisme réel : il n’y eut pas, ni en termes conceptuels ou concrets de distinction radicale entre ce règne des Khmers rouges et le Stalinisme, le Maoïsme, le Castrisme ou la Corée du Nord. Tous les régimes communistes suivent des trajectoires étrangement ressemblantes que colorent à peine, les traditions locales. Dans tous les cas, ces régimes entendent faire du passé table rase et créer un homme nouveau ; dans tous les cas, les « riches », les intellectuels et les sceptiques sont exterminés. Les Khmers rouges regroupèrent la population urbaine et rurale dans des communautés agricoles calquées sur les précédents russes, les kolkhozes et chinois , les communes populaires , pour les mêmes raisons idéologiques et conduisant au même résultat : la famine. Sous toutes les latitudes, le communisme réel patauge dans le sang : extermination des Koulaks en Russie, révolution culturelle en Chine, extermination des intellectuels à Cuba. Le communisme réel sans massacre, sans torture, sans camps de concentration, le goulag ou le laogaï, cela n’existe pas. Et si cela n’a pas existé , il faut bien en conclure qu’il ne pouvait en être autrement : l’idéologie communiste conduit nécessairement à la violence de masse parce que la masse ne veut pas du communisme réel. Ceci dans les rizières du Cambodge tout autant que dans les plaines de l’Ukraine ou sous les palmiers cubains : et les régimes communistes partout et toujours ne furent jamais qu’imposés par l’extrême violence.

Le procès de Douch est le premier procès, qui sera suivi bientôt par celui des hauts dirigeants Khmers rouges actuellement incarcérés, d’un apparatchik marxiste responsables dans un régime officiellement et réellement marxiste, léniniste, maoïste. Le procès du nazisme fut instruit à Nuremberg en 1945, celui du fascisme japonais à Tokyo en 1946, mais celui du communisme? Bien que le communisme réel ait tué ou dégradé plus de victimes que le nazisme et le fascisme réunis. Ce procès du communisme n’a jamais eu lieu, en - dehors de la sphère intellectuelle - pour deux raisons : d’abord, le communisme bénéficie d’une sorte d’immunité idéologique parce qu’il se réclame du progrès. Et surtout, parce que les communistes sont toujours au pouvoir, à Pékin, Pyongyang, Hanoi et La Havane. Là où ils ont perdu le pouvoir, ils ont organisé leur propre immunité en se reconvertissant en socio-démocrates, en hommes d’affaires, en leaders nationalistes, ce qui est le cas général dans l’ex-union soviétique.

Le seul procès possible et effectif n’a donc sa place qu’au Cambodge : mais ne nous méprenons pas. Il ne s’agit pas du procès des Cambodgiens par d’autres Cambodgiens : encore une fois, le procès de Phnom Penh est celui du communisme réel par ses victimes. Pour l’avenir, il faut imaginer, mais c’est incertain, un procès du communisme à Pyongyang, intenté par les victimes coréennes, ou un procès de Pékin, intenté par les victimes et leurs ayant-droits. Si ces procès devaient un jour se tenir, à Pékin ou Pyongyang, voire à Moscou ou à Kiev, on serait étonné par la similarité des crimes et par celle des alibis : partout des accusés sans courage se déclareraient victimes des circonstances ou des ordres d’un supérieur introuvable.

Une caractéristique étrange du communisme réel, révélée à Phnom Penh, est qu’après sa chute, aucun apparatchik communiste ne se réclame plus du communisme. Le procès de Phnom Penh montre combien le marxisme est très utile pour revendiquer le pouvoir, prendre le pouvoir et l’exercer de manière absolue: mais le marxisme comme idéal n’est revendiqué par personne , pas même par ses anciens dirigeants. Les Khmers rouges ont tué au nom de Marx, Lénine et Mao, mais ils préfèrent mourir comme des traitres à leur propre cause ou s’enfuir plutôt que mourir en marxistes. Cette lâcheté des Khmers rouges devant leurs juges révèle le marxisme sous un jour nouveau : le marxisme est réel mais il n’est pas vrai puisque nul n’y croit.

samedi 14 août 2010

galettes de legumineuses

... une fois n'est pas coutume.... je publie une recette, c'est ma façon à moi de faire de la politique !
GALETTES DE LENTILLES ou légumineuses (protéines)
je fais tremper les légumineuses une nuit, je verse l'eau, en rajoute de la fraîche et les fais cuire à feu doux, assez longtemps pour qu'elles ramolissent. Puis je les mixe avec 4 oeufs, un peu d'huile d'olive, sauce de soja, herbes diverses, parfois un peu de cannelle, gingembre, de l'ail si on aime ; je rajoute un peu de farine comme liant.
parfois j'incorpore un reste de légumes, ou des carottes râpées... tout est permis
J'étale ce mélange sur un plat rectangulaire précédemment huilé, en tassant bien pour le compacter (important pour ne pas que les galettes se disloquent.... dans le grille-pain) ; je parsème beaucoup de sésame qui dorera (j'adore !).
Mettre au four pdt 1/2 h, peut-être 40 minutes, j'aime quand c'est bien "bronzé".
Après je les coupe en rectangles que je grille dans un grille pain, au fur et à mesure de la consommation, ainsi j'ai toujours le goût de la galette fraîche. Avec une salade verte, c'est parfait. Du riz aussi. On peut également parsemer des graînes germées par-dessus, ou du pâté végétal, de la moutarde etc.. quand j'ai mangé ça je me laisse aller à la gourmandise en toute bonne conscience ! c'est ainsi que je fonctionne, alliant santé et plaisir
C'est un aliment à haute valeur nutritive, qui n'est pas cher. On devrait en faire de la pub, à côté des doner et hamburger près des lycées ou des Lidl etc.....

mercredi 4 août 2010

petite histoire simple mais qui laisse un goût d'amertume

Quel monde sommes-nous entrain de créer ?
4 août 2010
Je rentre dans le « Leclerc » pour acheter des fruits. A peine j'ai franchi le tourniquet, je vois un homme s'avancer vers moi, il me parle.... je le fais répéter : « vous n'avez pas vu à l'entrée qu'il faut laisser les sacs à dos à l'extérieur ? » j'ai du mal à comprendre : cet homme est petit, maigre, il a quelques produits dans la main, comme un client..... « vous êtes vigile ? » lui demandé-je « oui Madame, le règlement c'est pour tout le monde, il faut laisser votre sac à dos à l'entrée ! » .... je comprends enfin mais rétorque que mon « sac à dos » honni EST mon sac à main, je n'en ai pas d'autre. « Tenez, regardez ce qu'il contient mais je refuse de laisser ce sac à l'entrée, il contient mon porte-monnaie, mes papiers, mon téléphone etc... » « oui, mais c'est le règlement, si vous ne me croyez pas je peux appeler le Directeur ! »
« Ca alors, c'est bien la première fois qu'on me demande de me défaire de mon sac à dos, je n'en reviens pas ! »
« allez, pour cette fois-ci ça va, gardez-le ! »
INCROYABLE
D'une antipathie.... doit-on forcément impressionner de cette façon-là ?
En quoi un sac à dos (forme borne, de ville, pas un grand sac de randonnée, je précise) est-il plus suspect qu'un cabas de course à roulette, un sac à main au bras d'une vieille dame... dites-moi ?
Toujours est-il que c'est une manière très spéciale de faire régner l'ordre dans un magasin.
Etre capable de faire preuve de discernement ne serait-ce pas une qualité primordiale pour un vigile digne de ce nom ?
Faire ce travail n'est pas non plus synonyme d'attitude péremptoire d'une personne qui a tous les droits et pouvoirs, du moment qu'il débite des règles affichées.
Je n'ai d'ailleurs pas l'habitude systématique d'y déroger.
Simplement j'ai une tendance à m'insurger contre les abus de pouvoir et le manque évident de discernement et de recul.
Pourquoi ce Monsieur ne s'est-il pas borné à vérifier le contenu ? Demande plus légitime et efficace, au lieu d'appliquer très bêtement ces consignes qui gagneraient à être mieux « ciblées » et certainement pas pris à la lettre comme je l'ai vécu cette après-midi.

lundi 5 juillet 2010

faire payer les otages... et les ravisseurs ?????

.... le gouvernement prépare un projet de loi qui demandera aux rescapés d'otages de rembourser les sommes que l'Etat a engagées pour leur recherche en vue de leur libération....
il est temps de dire le texte "... tout a un prix ? mais rien n'a de valeur.... la dignité humaine, l'identité culturelle et la vie elle-même sont des valeurs qu'on ne peut pas négocier en bourse... ni ailleurs !"
On monnaie le droit de vivre...
on abdique devant ce chantage ignoble qui échange la vie contre de l'argent...
les personnes qui disposent de bcp de moyens financiers pourront donc encore se permettre de voyager dans les pays à risque ? certains blasés trouveront peut-être cela excitant...
Les gens,les vrais voyageurs, ceux qui partent pour rencontrer le monde, curieux d'autres civilisations, partager des manières de vivre, remettre leurs habitudes en question, s'ouvrir à l'inconnu etc... partiront à leurs risques et périls et sauront qu'on ne les cherchera pas.
Pour l'instant on exclut de ce projet de lois les journalistes, les humanitaires..... puisqu'eux peuvent encore avancer leurs raisons de voyager... mais qui va décider du bien-fondé de leurs déplacements, où ? comment, quand ? avec qui ? sous quelles conditions ?
je suis effrayée par ce processus qui fait tout passer par le filtre économique, du chiffre, de la rentabilité, même les valeurs pour lesquelles il était impensable, il y a quelques années, de fixer un prix... combien coûte un économiste ? un journaliste, au moins un de ceux qui ne dit que ce qu'on peut entendre, qui ne montre que le politiquement correct ? vaudra certainement plus cher que le "chercheur maudit" qui découvre trop tôt ce qui sera peut-être une évidence plus tard, bien plus tard ; l'humanitaire qui saura statistiquement prouver que les résultats sont à la hauteur.... au fait, de quoi ? même s'il ne sauve qu'un enfant, est-il moins bon que celui qui récoltera la palme publique ? et qui se coulera le mieux dans le moule sorti tout droit des directives géo-politiques de notre époque.
Ce soir je m'endors un peu plus triste que d'habitude.
Demain j'hésiterai à tourner le bouton de ma radio;
Que puis-je faire à mon niveau ?
Et dites-moi qui paient pour ceux qui déversent les tonnes de pétrole dans la mer, au mépris de l'équilibre biologique pourtant indispensable à notre santé à tous, sauf à pallier aux conséquences avec de plus en plus de produits et de substituts chimiques qui, à leur tour, polluent en étant rejetés dans la terre, d'une manière ou d'une autre.
Nos enfants, ceux qui nous suivent, nous demanderont des comptes.
Que vais-je leur dire ?
que j'ai écrit mais que personne n'a lu.
que je n'ai pas frappé à la bonne porte ?
Faites suivre ou dites moi si je me trompe.

dimanche 4 juillet 2010

le sens du travail ?

Pourquoi, insidieusement, donne-t'on un sentiment de culpabilité ou une étiquette de "nanti" ou pire, de "paresseux" à ceux qui veulent travailler moins ou profiter d'une retraite partielle,
Pourquoi s'arrête-ton à l'idée erronée que l'activité intellectuelle et sociale des personnes qui font ce choix, plus ou moins librement,je précise, pourrait se voir diminuée ou même absente ?
Je m'insurge contre cet à-priori : il me semble qu'il y a tant de choses à faire dans le domaine des associations, du bénévolat, dans la famille, dans la nature, la musique etc.... tant à partager, à transmettre, à apprendre.... peut-on accepter que des personnes acceptent de vivre plus simplement, de lâcher-prise au niveau de la soit-disante sécurité de l'emploi salvateur, qui permettait,
- à une époque où la rentabilité à tout prix n'avait pas encore cours,ni les agissements insensés sous la pression des enjeux financiers considérables, même quand il s'agit de la santé, de l'éducation, de la justice, du sport...-
à une personne de se réaliser grâce à ses compétences humaines, manuelles, intellectuelles reconnues.
Je ne reconnais plus le monde d'autant. Est-ce cela le progrès ?

... à propos de mes déboires locatifs..... 3 mois plus tard

Pour l'instant je continue à nettoyer mes caves puantes.... je suis en train de saupoudrer du sable , je crois que ce procédé est assez efficace, du moins je l'espère....
vendredi j'ai acheté pour 25 euros de tous les produits que j'ai trouvés et qui "sentent bon", Monsieur propre etc.... je n'arrête pas de brosser, d'asperger....
de temps en temps j'appelle ma locataire.... elle répond. Je ne peux que lui dire que si elle pense s'en sortir en refusant de faire face à ses engagements, continuellement, dans sa vie, elle se trompe ; elle risque de tourner en rond.
.... j'ignore si une telle personne peut être sensible à mon langage mais ce n'est pas à moi d'en juger.
Les dégats sont faits. Peut-être que cela lui évitera de reproduire la même histoire? De toutes façons tant pis pour moi.
mais je dois dire que cette histoire me conforte dans mon sentiment que ce qui nous "arrive" sert à quelque chose, même si cela nous fait souffrir et est contraire à nos désirs.
Le dessein de l'univers nous dépasse.
En pensant ainsi je m'évite les regrets inutiles et stériles. Rien que pour cette raison cela vaut la peine d'aller dans ce sens.
Toutefois j'espère bientôt vendre la maison..... mais aussi que les prochains l'apprécient à sa juste valeur car elle a une âme.

samedi 3 juillet 2010

ne pas avoir le même avis et quand apprécier la personne

je prends de tes nouvelles parce que ça m'intéresse de savoir comment tu vas.
Je trouverai dommage que nous ne puissions pas avoir des relations d'amitié même si d'autres choses nous séparent, qui ne devraient pas, d'ailleurs. On peut être en désaccord sur certains point et quand même apprécier la personne et la respecter dans ce qu'elle est et dit.
si je peux me permettre, ce qui ne va pas chez toi, de toute évidence, est que dès que quelqu'un ose aller dans une autre direction ou s'exprimer autrement que tes propres idées et vues, tu ne le supportes plus. Tu te sens attaquée, à tort. A la limite (c'était mon cas) tu "supportes" si tu peux trouver une raison extérieure à mon attitude.
Non, tu te trompes.
Essaie de laisser de l'espace à l'autre, essaie aussi de reconsidérer tes vues ; tu n'es même pas obligée d'en changer mais respecter l'avis des autres, si, sinon la relation n'est pas possible.
dans notre association, à mon sens, c'est ce qui s'est passé.
Tu as fait un gros travail, il est reconnu par tout le monde.
Mais tu as aussi pris trop d'ascendant ; des initiatives, c'est bien mais si elles conduisent à nier celles des autres, il y a un problème.
tu as en face de toi des adultes conscients et respectueux.
Si on te manque de respect, autrement que d'oser exprimer un désaccord sur les points précis et qui ne demanderait qu'à être débattu sur un pied d'égalité, tu as autant le droit de t'exprimer ; ce qui est encore tout à fait autre chose que de se sentir victime, renié, blessé etc.... si tu le sens ainsi c'est que des blessures antérieures se rouvrent en toi, dans ce cas tu devrais voir en toi ce qui provoque ces réactions.
je sais que c'est difficile et chacun de nous a du travail à faire.
mais sur le point précis, relationnel, de notre comité, il me semble que c'est toi qui aurais dû faire ce travail personnel subtil
J'espère que tu pourras le faire au sein de ton projet, qui est une belle initiative. je crois que personne ne le conteste.
Je t'écris sous le signe de l'amitié ; pas du tout pour te faire des reproches ou la morale.
Essaie de voir en toi ce que tu peux faire. Ce qui résonne.
Maintenant si tu ne peux garder contact avec moi, je le respecterai.

le monde du travail par ci par là, ce que j'entends, vois, parfois vis

Dénigrer au lieu de chercher des solutions puisque les moyens ne sont plus donnés, qui renvoie sa relative « incompétence » (on peut toujours se renseigner, c'est pourquoi je refuse ce qualificatif limité) à l'autre sur lequel il a un pouvoir de décision dont il use sans discernement. Opération de « séduction » sur des personnes sélectionnées, diriger pour mieux régner, une incapacité totale d'écoute, une volubilité qui ne laisse aucune place à l'échange, pas moyen de s'exprimer, une attitude « intimiste » manipulatrice, une pression distillée pour renvoyer la responsabilité de problèmes potentiels sur l'autre, alors que nous vivons une période où moyens humains et matériels sont de plus en plus réduits, ce qui a pour conséquence d'augmenter la charge de travail, mais aussi de dégrader les conditions de travail où la confiance, la sérénité, le service rendu ne sont plus à l'ordre du jour. Le collègue n'a parfois d'autre choix que de se retourner contre son prochain pour libérer sa tension, trouver une solution à court terme, se donner bonne conscience, se rassurer, se rehausser.... et on connaît les dégâts relationnels que ce processus engendre.
Comment donner le meilleur de soi dans ces conditions ?
... car je ne peux ignorer qu'on ne change pas les autres, mais on travaille sur soi...
Comment rester « debout », retrouver la confiance que personne ne devrait perdre si toutefois on a la volonté d'apprendre et de progresser.
Oui, travailler plus pour aider car l'énergie ne s'épuise pas tant en travaillant vraiment pour le service public.... que de passer son temps à calculer comment faire rentrer plus d'argent dans les caisses vides de l'Etat pour que quelques uns puissent encore en profiter, ou donner les infos nécessaires sous forme de stat (que nos ordis devraient pouvoir calculer et transmettre directement avec la technologie actuelle qui pond des tableaux dénigrant publiquement les services qui n'ont pas atteint les objectifs mercantiles de nos dirigeants... peut-être que ces juridictions avaient-elles plus à coeur de servir le justiciable?), et ces chiffres vont encore prouver que l'effectif est trop important.
Nous travaillons en fin de compte en notre défaveur

retraite anticipée n'est pas signe d'inactivité

Croyez vous un seul instant que je resterai inactive ? non..... mais je souhaite me rendre utile, plus utile, dans des projets tournés vers l'humain et non la rentabilité à tout prix.... dans une cohérence avec mes ressentis, mes idées.... bien sûr à la mesure de mes besoins financiers. Que je ne peux nier complètement dans ce monde.
En optant pour la retraite anticipée, je choisis déjà une décroissance, c'est certain, mais aussi une qualité de vie meilleure, avoir le temps de parler aux gens, de penser, d'écrire, de marcher, de chanter, d'aider, de me poser des questions, de regarder autour de moi....
en ce moment je n'ai plus l'impression de vivre quand je travaille. Pire : les justiciables sont de plus en plus mécontents, avec raison mais sans que je puisse améliorer quoique ce soit
des décisions sont rendues, magnifiquement élaborées, motivées en droit parfait, inattaquables, mais souvent inexécutables.... et humainement il arrive que cela soit une catastrophe pour une partie respectueuse.... peut-être trop ? peut-on l'être ?
je me sens enfermée dans un système qui exclut de plus en plus de monde, à commencer par les jeunes qui n'ont plus de perspectives, sauf quelques uns, de moins en moins....
les personnes âgées qui ont tant à transmettre, se sentent seules, mises de côté. Au lieu de travailler un jour de plus pour la "solidarité" on aurait dû donner un jour de congé de plus pour que les gens puissent, ce jour là (et si possible d'autres... leur donner cette envie ?), rendre visite à ceux qui ne voient souvent plus personne.... au lieu de cela on a fait le choix de l'argent.... qui ne remplace pas la présence....
cette disposition à l'époque déjà me heurtait...
insidieusement on remplace des valeurs d'humanité, de dignité, par les chiffres, une valeur vénale attribuée suivant les lois du marché....
je sais que je parais utopique.... mais moi je sens que je suis simplement et dramatiquement réaliste, et le travail que je fais sur moi est de ne pas sombrer dans la dépression, mais d'encore et toujours de voir le meilleur, d'aller dans cette direction, de croire en des valeurs humanistes, élargies à tout ce qui est, je parle des plantes, des animaux, de tout ce qui nous entoure et qui mérite au moins le respect.
Pour échanger il n'est pas nécessaire d'avoir le même avis mais ce qui est primordial est d'écouter et de respecter l'autre.

lundi 28 juin 2010

le monde du travail, quel sens ?

Marie, c'est plus large, plus grave qu'une "personne de pouvoir" qui a des attitudes déplacées
Regarde ce qui se passe autour de nous, pas seulement dans nos administrations.
Il n'y a plus de place pour tout le monde ; chacun, pourtant, veut vivre dans la dignité, être utile à quelque chose, à quelqu'un, gagner sa vie, avoir une perspective d'avenir...
on veut nous faire travailler jusqu'à 62 - 65 ans..... le montant des retraites va en diminuant.... ou cela va-t'il s'arrêter ?
Pourquoi certaines personnes ont-ils besoin de 50 X plus d'argent pour se nourrir, se vêtir, se divertir... que d'autres à qui on demande toujours plus d'efforts
Je suis la première à avoir envie de partager, à vouloir vivre décemment sans plus. Mais dignement, oui.
Qu'on arrête de nous faire croire que les séniors doivent travailler plus longtemps alors que le chômage de cette tranche d'âge a augmenté de 3 %.... et ce ne sont que des chiffres.... que les gens sont de plus en plus mal, stressés ; nous avons peur de l'avenir, chacun veut garder son minuscule cocon, croire encore que tout redeviendra comme avant, qu'il faut juste traverser la "crise" ?
combien se retrouvent déjà sur le carreau ? combien seront encore sacrifiés tant que nous nous cacherons la dure réalité, mais la seule qui vaille : apprendre à être solidaire au plus profond de nous ou disparaître;
non, sincèrement, je pense que nous devons apprendre à partager nos "progrès" qui nous pourrissent la vie s'ils ne sont pas distribués car il faut mettre une énorme énergie à sauvegarder les privilèges, à cacher les moyens douteux pour les acquérir, à faire croire, à divertir, à pousser à la consommation, au plaisir de surface, à l'apparence...
Nos enfants nous regardent
qu'apprennent-ils ?
à être rentables au détriment de leurs qualités personnelles, nous les empêchons de faire leur choix de vie par peur qu'ils ne puissent sauter dans le train en marche folle.
Travailler dans les conditions actuelles, jusqu'au-delà de 60 ans ?
où est le service public ? servir ? cela a-t'il encore un sens aujourd'hui ?
quand on croûle sous les dossiers, avec la pression des gens qui attendent le fruit de notre travail pour trouver réponse à leur problèmes, quand il faut taire les heures supplémentaires au risque d'être considéré comme trop lent, inadapté ou mal organisé... en pendant ce temps les jeunes désoeuvrés s'endorment de plus en plus tard, ne sont plus motivés pour se lever le matin, et pourquoi donc ? traînent dans la rue le soir, n'ont même plus la force d'essayer de refaire le monde autour d'une table... la violence, la dépression, la maladie sont les avatars de notre société qui exclue et (se) berne.
On nous dit qu'il faut être contente d'avoir encore du travail ; mais s'il n'y en a pas pour tout le monde (ce dont je doute fort...) pourquoi s'éreinter ? certains gagnent en une nuit de spéculation boursière ce qu'un ouvrier ne peut rêver avoir en un an.
Transmettre un savoir, former et non accueillir des stagiaires pour faire nos photocopies et notre classement. Non, parler de notre travail, leur donner envie de faire carrière, éveiller le goût du service. Plus le temps.....
Je ne me sens pas pessimiste mais réaliste.
La joie, je la trouve dans les choses simples de la vie. Quand je ne suis pas trop fatiguée par la journée interminable et le temps de trajet dans un flot de voitures.
Je la trouve dans un regard d'enfant qui joue dans un coin de jardin, sous l'oeil attentif d'une maman qui n'a pas l'air rétrograde à ne rien faire, habillée d'un tricot fait main, discutant avec un passant qui marche difficilement avec sa canne. Il est content qu'on lui adresse la parole. L'enfant s'avance vers lui, la balle a roulé jusqu'à ses pieds. je surprends l'échange de regard. Trois générations se trouvent reliées dans cet instant. Une éternité.
Un moment surpris, je ne faisais pas partie du tableau mais la vie m'a touchée.
je retourne m'enfermer dans mon bureau et je réponds au téléphone, plus calme. Mon interlocuteur ne se doute pas que je transmets une partie de ce que j'ai reçu, c'est gratuit et infini.
Des instants de grâce. Ils m'empêchent de me couler dans le moule. Il arrive parfois que ma forme dérange. C'est à la fois ma difficulté et ma richesse.
Je ne veux pas perdre cette dernière donc il faut bien que j'accepte le revers de la médaille.

dimanche 27 juin 2010

Le fossé

Pourquoi ce blog ? Je me pose la question ce soir mais je ne m'attarde pas à trouver une réponse car le temps passe vite, demain je me lève tôt...j'écris directement dans le petit rectangle.. pourquoi pas. J'ai appris que le chemin se fait en marchant,qu'il ne faut pas obligatoirement savoir à l'avance ce qu'on veut écrire pour prendre une feuille et un crayon. Maintenant le clavier... C'est avant tout un partage, une manière de garder ou d'entrer en relation dans ce monde où tout va de plus en plus vite et par conséquent tout devient plus superficiel... quoique... je suis souvent étonnée par la profondeur de certains écrits du jour, ou émissions à la radio qu'on me relatent plus que je n'entends moi-même mais je peux saisir en quelques phrases leur sens, dans la manière de relater des faits, d'analyser, de livrer des impressions, de proposer des modus vivendi, de s'opposer à l'emballement politique actuel qui détruit nos administrations, à l'engouement pour les richesses matérielles qui sont partagées entre de moins en moins de gens, la prise de conscience de l'impact écologique de nos gestes et désirs
mais qu'en est-il de la réalité ? c'est ce fossé entre ce qu'on peut lire, entendre et ce qu'on vit au quotidien qui m'interpelle ce soir
Un exemple simple : avant d'avoir été déplacée pour rentabiliser nos lieux de travail, j'avais 8 km à parcourir, que je faisais de temps en temps à pieds, à vélo... aujourd'hui je dois faire 70 km en voiture tous les jours ! la pub pour être en forme nous dit : bougez.... mais le soir quand je rentre, harassée, je n'en trouve plus la force.
Avant, je me prenais le temps, dans un dossier, d'imprimer le strict nécessaire en faisant plusieurs manipulations, maintenant j'imprime tout en double, je n'ai plus le temps de noter ce qui manquerait si je ne le faisais pas... vite, vite....
aujourd'hui, j'oublie certains anniversaire, j'ai du mal à garder le contact avec mes amis, à organiser les week ends, à suivre l'évolution d'un parent malade, à rendre visite à la voisine hospitalisée.
Où est cette formidable énergie que j'entrevois dans les magazines "Silence", "Science et conscience", dans les journaux "Politis", "Terra Eco"... pour ne citer que ceux-là.
Il m'arrive d'être mal à l'aise lorsque je termine ces lectures car la réalité est autre.
Ce décalage....
Et pourtant, je sais qu'il ne faut pas baisser les bras, continuer à être vigilant, à traquer les habitudes installées qui pourraient être changées en mieux pour la planète :
un exemple qui, pour moi, date d'il y a quelques semaines : ayant de moins en moins de temps, j'ai commencé à acheter des légumes surgelés, je trouvais cela pratique pour manger "sainement" sans passer du temps à choisir mes légumes, éplucher, laver, couper... puis un jour j'ai eu conscience de l'énergie qu'il faut à ces sachets de surgelés pour être maintenus en l'état.... mais oui, bien sûr, c'est une évidence, maintenant. je recommence à peler les carottes, râper le céleri, laver les tomates...
Cet exemple est édifiant et paraît peut-être basique à d'autres : oui j'ai manqué de réflexion, je n'ai pas pris le recul nécessaire pour m'intéresser davantage à la provenance de mes repas vite faits et bons, il faut le dire, des légumes coupés en julienne et mélangés à de l'huile d'olive et des herbes de provence, un délice ! je continue à utiliser cette excellente recette mais je conditionne mes légumes que je choisis autant que possible au marché local. Oui, cela me prend du temps, mais je parle au maraîcher, je contribue à l'économie locale.
De jour en jour, j'essaie de débusquer mes "incohérences écologiques", de rechercher plus de cohérences entre ma conscience et mes actes.
Je peux vous dire que je n'ai pas fini... pire : au fur et à mesure que j'avance de mes petits pas, l'horizon à découvrir s'élargit mais voilà : nul retour en arrière n'est plus possible, chaque pan de conscience réveillée l'est pour toujours, sauf à la faire taire artificiellement, mais là c'est une autre histoire car on n'en sort pas indemne.

lundi 14 juin 2010

nos armes de guerre, grossières et subtiles

L'économie des armes (12 juin 2010)
Entendu ce matin à la radio, sur une station de musique classique... palabres sur l'économie des ventes d'armes en mettant l'accent sur les avancées technologiques : il n'était question que de coût, de partage de connaissances dans ce domaine, de fuite de materiau de pointe de la France vers l'URSS, cette dernière rappelant que c'est elle la nation qui exporte le plus d'armes.... une fierté ?

Personne ne pense-t'il une seule seconde à quoi vont servir ces armes ?

- à tuer nos enfants ? Dessimer des familles, handicaper à vie des personnes à qui on a dit qu'il fallait défendre une idée, leur pays, leur famille.... contre d'autres idées, d'autres nations, d'autres enfants qui ont, eux aussi, envie de vivre dans la dignité et le plus confortablement possible, sans souffrance..
à prévenir l'attaque est peut-être déjà générer l'embryon d'une guerre ?
à supprimer le « méchant », l'auteur de nos maux ? celui qui ose s'insurger contre les injustices de plus en plus criantes ?
(à compléter)
à se sentir rassuré, fort, invincible ?
à asservir ? À piller les ressources naturelles ?
Ou plus simplement : nous ne réfléchissons plus, c'est un simple gagne-pain, au même titre que de produire de l'alcool, vendre de la drogue, faire du tourisme sexuel... quand on peut rester dans sa petite sphère personnelle, il est facile de se persuader de l'inoffensivité de la minuscule parcelle d'action dans laquelle nous évoluons chacun à sa façon.
Volontairement j'utilise le « nous » en m'incluant car à tous niveaux, de multiples façons, de la plus grossière à la plus subtile nous somes capables de babriquer des armes avec de simples gestes, ou absence de gestes, des mots, un silence, un détournement de regard .....

Se poser des questions, aller plus loin, avoir envie et la volonté de garder les yeux ouvert.
Oui, c'est difficile et on n'est jamais au bout.
Il va même falloir dépasser le stade de la culpabilité, qui est un frein à la nécessaire reconnaissance de ce que nous sommes vraiment, sans complaisance mais avec beaucoup d'amour et de reconnaissance.

D'ailleurs pour en revenir aux armes telles que nous les reconnaissons : d'après quels critères est-on « performant » dans le domaine de la production d'armes ? Tuer le plus possible,le plus vite possible, le plus facilement possible ?

J'ai appris à mes enfants que l'araignée qu'ils ont écrasée voulait rejoindre son bébé de l'autre côté de la toile.

Reconnaître l'autre comme son semblable et aucun guerrier ne pourra plus tirer sur son ennemi puisqu'il pensera à sa femme, ses enfants... encore faut-il avoir eu la chance de grandir dans un milieu aimant et reconnaissant.

mardi 8 juin 2010

de retour à Brem

De retour à BREM
Comme les évènements s’enchaînent ; avant qu’ils ne se concrétisent, j’essaie de me projeter, d’organiser… moments intenses,, de doutes, de flottement… mais aussi de joie, de rencontres, d’échanges avec des personnes que je n’aurais pas contactées, étant accaparée par un emploi du temps de plus en plus serré.
Le travail à Brem est énorme. Comme il est impossible d’être satisfait du travail fini, il faut bien que je me contente de me concentrer sur l’avancée, les progrès, la beauté du détail, les découvertes, l’ingéniosité de certains moyens, le courage à cultiver, l’énergie à trouver pour faire fonctionner machine à laver, robinet dévissé, douche qui fuit, pompe eau du puits complètement immergée dans de l’eau nauséabonde à écoper, montagne de linge sale, rance, malodorant, dalles de béton à brosser de multiples fois pour atténuer l’odeur de crottes de chien… ramasser les outils de jardin pour éviter d’abîmer la tondeuse du voisin qui se propose gentiment de tondre une grande partie du terrain, visser la clenche de la porte de garage pour éviter d’être enfermé un jour, frotter pendant des heures l’intérieur du réfrigérateur, vert de champignons, tapissé de restes pourris… le miracle de voir des objets récupérables, désinfectés et resservir, mon chat dont la blessure au front commence tout doucement à se refermer, comme peut-être son traumatisme intérieur se résorbe peu à peu en prenant conscience que je me réinstalle dans les lieux et que les habitudes d’autan reprennent…. Presque comme si de rien n’était.
Pas tout à fait, de temps en temps je pleure sur ce gâchis, ce « raté » lourd de conséquences. Comment peut-on en arriver là ? à ne pas respecter des lieux offerts avec confiance et sans calcul, en recherchant l’équilibre au plus juste, eu égard aux besoins de chaque partie, propriétaire et locataire.
Gens sans conscience plus que « méchants » qui est d’ailleurs un terme qui ne signifie pas grand »chose, sauf à qualifier rapidement une attitude qui blesse.
……… à compléter, je n’ai pas envie de faire la liste ce soir …..
Mais aussi cette obligation de garder la face, de rester debout ; la pensée vers cette personne alitée, aux soins palliatifs, qui donnerait « tout l’or du monde » pour être à ma place ; mes efforts pour paraître légère, même si je ne suis pas gaie, sereine au contact des gens qui ne viennent pas pour éponger mes états d’âme ou subir mes humeurs mais aussi pour passer un bon moment convivial même si nous travaillons dur.
Cet élan de solidarité de la part d’amis que je ne vois pas forcément le plus souvent.
Mais aussi ces réflexions dénigrantes, assassines, qu’on me rapportent de temps en temps : « inadmissible qu’elle (moi) ait pu imposer de tels locataires aux gens du village », par exemple…. Peut-on penser un seul instance que tel était mon but ou cette situation le fruit de mon « inconscience » alors que j’avais toutes les pièces justificatives, bulletins de salaires, attestation du montant versé par la CAF, signature d’une caution, acte signé par devant notaire, mon métier dans le domaine ?....
J’ai entamé la procédure judiciaire au mois de mai, espérant pouvoir les faire expulser avant la trêve hivernale… le déroulement de la procédure en a décidé autrement, le dossier a pris un chemin plus tortueux , l’hiver est venu et a permis à ces gens de détériorer mon système sophistiqué de chauffage écologique, de résorber mon stock de bois qui devait couvrir plusieurs années, de mettre mal à l’aise ST qui habite à côté, d’abîmer le toit, de laisser les broussailles et orties envahir le jardin (qui est redevenu très vite magnifique, je tiens à le préciser : belle leçon de nature qui se relève de ses cendres et s’occupe uniquement de ce pourquoi elle existe : bourgeonner, fleurir, enchanter puis mourir après avoir disséminé ses graines pour permettre le renouveau prochain)
Ils sont sortis le 1er avril, non sans essayer une dernière fois d’obtenir des délais, non pas pour « nettoyer encore 2 petites heures »…. Mais pour faire un ultime aller-retour et vider un peu plus la maison, ils ont simplement » oublié » leurs détritus et objets cassés et ont choisi d’emporter le réfrigérateur américain pour lequel il a fallu démonter la porte maintenant bien abîmée, la télévision grand écran… oh,je ne voulais pas la garder ! loin de là… la moto a disparu, la voiture décapotable…
Nos amis ont évacué 6 remorques de magma d’objets et de linge mélangé à des défections canines…
Mon petit frère a réussi entre autre à faire fonctionner la machine à laver complètement bloquée et encrassée de poils de chien….
Mon grand frère a transporté mon bric à brac..;
Des objets, des outils prêtés, des paroles encourageantes, la clé pour une connexion à internet...
Des amis ont fait le trajet, porté des cartons, essayé de réparer la serrure...
Ma belle-sœur a vidé la mare remplie de saleté et d’objets tombés dedans… mes enfants et mon ami m’épaulent régulièrement depuis la libération des lieux, restitués grâce à l’intervention de l’huissier et du serrurier mandatés. Nettoyage, peinture, multiples réparations, achats de pièces de rechange…
Multiples marques de sympathie de personnes qui ne pouvaient pas forcément intervenir sur le terrain
Tout cela contrebalance les effets négatifs, poursuites du Trésor Public pour le paiement de LEUR importante consommation d’eau… administration qui n’accepte pas facilement l’échéancier que je propose, alors que les consommateurs véritables, irrespectueux, ne sont nullement inquiétés…. Et pourtant, qui impose ces délais octroyés même à des personnes qui détériorent délibérément et repartent pour faire la même chose ailleurs ? j’ai un jugement, certes, mais comment l’exécuter contre des gens insolvables ?
… et moi on ne se soucie pas de voir comment je réussis à payer tous les mois mes échéances de prêts devant être recouverts par le loyer en grande partie non recouvré, sans parler du coût des réparations, de l’immobilisation de la maison quant à la vente projetée, des frais énormes engendrés…
Le législatif légifère sans mesurer certaines conséquences ni surtout sans les prendre en charge, l’exécutif se trouve paralysé par diverses raisons ; et entre les deux instances un justiciable ponctionné de toutes parts. En toute légalité.
Je ne me sens plus « chez moi » mais de passage ; peut-être est-ce ce qu’il convient ?
Quand je suis fatiguée j’ai du mal à me concentrer sur une parmi les multiples tâches et tout me semble lourd, vain, décalé
Et pourtant je fais bonne figure devant les gens, mes enfants, F et cela m’entraîne vers la surface, alors je continue.
Quel bonheur de faire une petite sieste sous le cerisier, d'entendre chanter les oiseaux, de sentir Souris le chat frotter son doux poils contre mes jambes nues, de respirer l'air pur, l'odeur d'herbe coupée, de découvrir les différentes plantes, actinidia, rosier, ginko biloba, nectarine que j'avais oublié avoir planté il y a 5 ans et qui, maintenant, porte des fruits, les vignes non taillées qui poussent sauvagement, le lilas du TribdeWiss qui a été remplacé par un pommier dont nous ne goutterons pas les fruits, la mare remplie d'eau de pluie d'orage, le magnolia longtemps en fleurs, les plants de fraises décoratives, les géranium vivaces, le petit cerisier qui a tellement grandi que je ne l'ai plus reconnu... la lavande et toutes les fleurs.... autant de cadeaux que j'apprécie et qui adoucissent mon « sort » enviable vu de cette perspective. Je ne l'oublie pas.
Et puis le Monde a bien d'autres soucis que les miens.... plus cruciaux...